Au début de ta carrière tu t’appelais « Double trouble » et maintenant « Turbulence », pourquoi avoir changé de nom?« Double trouble », c’est le nom que je portais à l’école, quand j’ai commencé à chanter. Je n’avais pas de connections particulières, je faisais mon truc tout seul, je me suis donc nommé « Double trouble » moi-même. Puis un jour dans un show en Jamaïque, j’ai réellement mash up le public, il était en feu. Un rasta est venu me voir, et il m’a dit : « Tu n’as pas causés de troubles, mais tu as créé une turbulence ! ». Là j’ai compris ce que ça signifiait, j’avais secoué le public, et j’ai donc décidé de garder ce nom. Cela veut dire que je suis fort et déterminé, c’est le nom qu’il me fallait.
Parle nous de ta collaboration avec Fatis Burell…C’est grâce à lui que je suis là. Je dois remercier toute la famille du label X terminator. Il y avait beaucoup de bons artistes comme Sizzla et Capleton qui m’ont guidés. J’ai fait la première partie de Sizzla pendant 5 ans, parce que j’avais une voix et un style similaire. Je travaille toujours avec ce studio.
Tu es actuellement en tournée avec Queen Ifrica, que penses-tu de cette artiste ?Elle à une énergie incroyable, pour une femme c’est stupéfiant ce qu’elle arrive à faire. Elle a des bons textes, de bonnes mélodies et les clés pour réussir. C’est un plaisir de faire cette tournée ensemble car j’écoute ce qu’elle fait, et elle écoute ce que je fais, nous suivons la même direction.
Tu as travaillé avec des labels français comme Irie Ites (récemment avec Spectacular sur le « Rocking time riddim »). Vois-tu des différences entre les productions françaises et Jamaïcaines ?Les français aiment vraiment le reggae, ils en écoutent beaucoup, et s’adapte bien à la vibe. Parfois ils ne comprennent pas les lyrics mais ils sentent la vibration quand même. En Jamaïque ce sont les racines de cette musique, chacun est née dans cette culture et la connaît parfaitement, alors qu’ici les gens se sont appropriés la vibe de la meilleure façon qui soit. Là-bas, c’est un peu l’usine du reggae, il y a trop de productions, et par conséquent elles ne sont pas toutes de bonne qualité.
Tes textes sont engagés religieusement et politiquement, sont-ils reçus de la même façon aux quatre coins du globe ?Le monde est politique, les civilisations sont politiques. Je ne juge pas toute la politique mais seulement la partie corrompue, Faya bun ! Je n’appartiens pas à un parti, mais j’ai des idées, j’essaye donc de passer mes messages dans mes textes. On peut combattre la pauvreté, le racisme, et la violence grâce à la musique, elle pousse à la réflexion. C’est à force de répétition que le message fini par s’ancrer dans les esprits.
Comment aides-tu la communauté jamaïcaine dans son quotidien?Tous les artistes apportent quelque chose à toutes les communautés. Quand tu es connu, les gens attendent de toi que tu les guides, que tu leur donnes de la sincérité. J’ai une armée qui s’appelle « Higher Trod Family », elle se compose de 18 jeunes qui sont tous très talentueux que je produis. A Noël, on organise une journée spéciale avec la communauté, on leur donne des livres, du riz, du sucre, des fleurs, on joue au foot. La première des misères c’est quand tu as faim, tu souffres, et parfois ils n’ont pas d’autres choix que de voler ou d’agresser. Il faut donc leur donner de la nourriture.
Quel message leurs fais tu passer ?De vivre simplement de se laisser pousser les cheveux, de devenir rasta, de manger, de boire, se marier, ne pas tuer, respecter l’autre et aimer les femmes. Nous sommes ici pour procréer se sont les mères de nos enfants. En Jamaïque les gens gagnent moins que deux euros par jour, tu comprends pourquoi la vie n’est pas tout les jours facile.
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