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Jeudi 8 janvier 2009
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INTERVIEW TIWONY

Tu es né dans la musique, ton père est un bassiste reconnu qui a travaillé avec des artistes comme Bob…
Effectivement, j’ai toujours baigné dans divers courants musicaux. J’ai joué un peu de piano, beaucoup de percus et de batterie depuis tout petit. J’ai été aussi beaucoup influencé par la vague hip hop, et j'ai pas mal dansé. J’ai suivi divers courants musicaux qui m’ont amené au reggae music, cela m'a permis de rajouter un peu de toutes ces influences dans mon style.

C’est donc naturellement que tu t’es tourné vers le sound system.
Officiellement fin 1994. J’ai trouvé que c’était un bon moyen d’exprimer notre art, à l’influence des sons comme Standtall. On trouvait que s’était une bonne démarche de pouvoir présenter des morceaux et un groupe d’artistes unis, qui est là pour animer et présenter les titres, en même temps que nos propres morceaux. C’est vraiment ça qui nous a influencé. Le premier sound system s’appelait Influence Sound. On pouvait y retrouver des frères comme Boubou ou K'poral Micky et beaucoup d’autres. On était une bonne vingtaine. On avait toujours une influence hip hop même en sound system. Il y avait vraiment une force qui nous unissait, on était un peu le'"Wu Tang de la Guadeloupe", mais avec une tendance rastafarï.

Quand tu es arrivé en métropole tu étais surtout connu du grand public pour tes combinaisons avec des rappeurs.
Oui mes premiers projets étaient hip hop. A mon arrivée en France en 1995 j’ai retrouvé un frère qui s’appelle Eben qui est du groupe 2 Bal 2 Neg, c’est là que j’ai fait une interlude sur leur album. De l’interlude c’est passé au morceau et c’est devenu "Laisse mon flinge" sur "Trois fois plus efficace". En ce temps là je m’appellais Little Rony . Après on a fait appel à moi pour "Ma cité va craquer" - "Pas De Timinik" , entre temps j’avais bossé avec les frères du "Ragga Dub Force" et pas mal d’autre compilations. De fil en aiguille il y a eu des connexions. J’essaie de faire l’alchimie entre le roots et le hip-hop.

Et après tu es rentré dans le sound avec Black Warrel.
A la base Black Warrel était proche de influence song comme Washington Crew. Et après on a eu l’opportunité de présenter le sound au championnat de France, cela a permis de mettre en avant la scène locale sachant qu’il y a un beau vivier dans les îles qui est souvent minimisé. Donc c’était un challenge pour nous de présenter cette scène.

Ce n’est pas une musique très porteuse pour les grosses maisons de disque, le problème c’est qu’il n’y a pas beaucoup d’artistes qui sont signés sur des majors.
En fait je pense que ce n’est pas trop porteur car c’est eux qui le décide ainsi car quand ils veulent investir dedans ça marche, la preuve en est : regarde les Tonton David, Neg’Marron Nuttea … après c’est tout un system, c’est eux qui décident si c’est diffusé ou pas. On dit que c’est parce que notre musique est revendicative mais pour moi c’est une hypocrisie car le hip hop marche très bien et est souvent encore plus hardcore.

Est-ce que ce n’est pas à cause de cette image qui est toujours associée au reggae de Bob Marley, fumeur de joint …
Ca aussi c’est une pure hypocrisie car voila plus de 20 ans que Bob est mort et il fait encore la couverture de beaucoup de magazines et tout le monde aime l’écouter, même Sarkozy ! Regarde il vend encore plus de CD que 2 Pac. Apres je pense que c’est un combat à mener et le fait que l’on soit pas tous uni fait que beaucoup de choses nous passe sous le nez.

Peux tu nous parler de ton investissement dans la foi rasta ?
C’est juste une foi qui me permet de me sentir bien. C’est là dedans que je me suis retrouvé au moment où je cherchais un recueil. C’est en fréquentant des frères qui m’en ont parlé, en lisant des recueils, que j’ai compris que la foi est le moteur de la vie maintenant ça peut être manifesté différemment. Moi je me suis reconnu dans cette religion car en terme des idées et de son histoire, c’est celle où je me retrouvais le mieux, après cela doit rester quelque chose de personnel.

Tu ne penses pas justement que cette image « jah rastafari » est souvent utilisée à outrance ?
C’est clair qu’il y en a qui vont la dire juste parce qu’il savent que ça fait bien, mais il y a un moment où c’est obligé de les rattraper. Mais cela peut être aussi le courant dans lequel ils se reconnaissent sans vraiment avoir été chercher en profondeur. Mais ils sentent que pour eux c’est identitaire, donc il vont le crier sans le comprendre. Quand tu prends des endroits comme les îles anglophones, la Jamaïque, la Dominique, le con du coin il reconnaît Selassie I aussi bien que le rasta ou le Bobo, car il sait ce que ca represente. C’est une force identitaire, surtout du coté spirituel et historique. Après je ne suis pas là pour emmettre un jugement sur untel ou untel.

Tu peux nous parler de ta collaboration avec Féfé ?
Cette collaboration comme je dis toujours, était écrite dans le grand livre. On était tous fan de Féfé en Guadeloupe c’était notre artiste. Quand il est venu habiter en Guadeloupe j’ai commencé à lui faire lire mes textes, on a eu de bonnes vibes. Et de fil en aiguille on a commencé a faire des sounds system, du coup on a lié une amitié sincère. Puis je l’ai invité sur un projet à moi, lui m’a invité sur un de ces concert et on a décidé de pousser le concept plus loin . De là on a fait un album, puis deux, et le concept est toujours là.

Tu viens de sortir un album ...
Oui j’ai mon maxi de 11 titres qui regroupe quelques 45 tours comme le "Black Marianne", le "Purple Ting" et bien d’autres. C’est un concept que j’ai fait vraiment pour les aficionados et les adeptes des sounds system. Et là je prépare l’album officiel pour la fin de l’année.

Peux tu nous parler de ta rencontre avec Gyptian lors de son concert en Guadeloupe ?
Tout c’est vraiment bien passé, la vibe avec les musiciens a été excellente, d’ailleurs il m’ont proposé de venir bossé avec eux en Jamaïque. Donc c’était une très bonne expérience. En plus ca faisait longtemps que je n'avais pas joué au pays.

Comment tu perçois l’évolution du milieu ?
Elle est positive sachant qu’il y a de pus en plus d’artistes qui émergent et de structure qui se mette en place, tout ça c’est positif.

Tu as un message à faire passer ?
Oui c’est continuer à donner la force a cette musique qui est souvent minimisée. Big up à tous les gens qui nous écoutent et qui achètent les disques car sans eux les choses ne pourraient pas avancer.

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