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Jeudi 8 janvier 2009
Seeed au 4 SansSeeed au 4 SansInterview Seeed
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INTERVIEW SEEED

Comment expliquez vous le succès de la scène reggae allemande, et le coté underground de la scène Berlinoise?
Tout le monde vient de l'underground au début, après quand tu as du succès tu n'es plus underground (rires). Nous venons tous de Berlin. Le succès du reggae en Allemagne est arrivé grâce aux sound systems parce que tout le monde a été au moins une fois en contact avec cette musique. Le reggae roots garde ce cliché, fumez de l'herbe et rastafari, alors que le dancehall est plus une musique de club. Je pense que les Berlinois ne nous comprendraient pas si on faisait du roots, parce qu'ils préfèrent danser et faire la fête. Nous on veut mettre en valeur notre originalité, en plus on chante en allemand.

Justement, qu'est ce qui fait l'originalité de Seeed?
Comme on vient de le dire, on chante en allemand. Sur le plan musical, on essaye de se démarquer de la scène jamaïcaine. En plus, nous sommes un groupe de onze personnes, et il n'y en a aucun au dessus de l'autre, nous nous mettons tous sur un pied d'égalité, sur scène nous sommes tous habillés de la même façon.

Vous avez de nombreux jeux de scène?
Oui, on a des pas de danse, on bouge beaucoup, et on fait intervenir le public. On a trois danseuses en plus, mais elles ne sont pas là ce soir.

De plus en plus de groupes mélangent différents styles musicaux avec le reggae, comme Culcha Candela ou Dub Incorporation... Qu’en pensez vous?
En fait, je pense pas que l'on puisse dire qu'il y a une nouvelle scène, car c'est la continuité de ce qui se passait avant, les choses évoluent, et la musique avec. Chacun a ses influences, nous on se tourne plus vers le dancehall.

Vous pouvez nous parler du succès du "doctor darling" riddim...
On voulait faire une version de la chanson d' Anthony B. On voulait reprendre le riddim en le rejouant avec des sons plus modernes. Puis on a rencontré Anthony B, il apposé son morceau et nous aussi, à la base on devait l'utiliser pour notre deuxième album. Le boss de Germaican Records nous a dit que l'on pouvait faire une série avec notre riddim et tout s'est enchaîné.

Quelles sont vos autres productions?
On a produit de nombreux riddims. Le "Dr Darling" s'était en 2002, cela nous à ouvert les portes, et maintenant c'est plus facile pour nous de travailler avec les jamaïcains. Après il y a eu le "rodéo"... et bien d'autres.

Comment se passent vos relations avec les jamaïcains?
Il faut avoir des contacts, et de l'argent aussi (rires). On va en Jamaïque pour enregistrer, sauf quelques exceptions que l'on a pu enregistrer en Allemagne. Il y a aussi Germaican Records qui est souvent en Jamaïque, donc il part avec nos riddims et les laissent là bas pour que les gars posent dessus.

Vous pouvez nous parler de l'album "Next"?
C'est notre troisième album, on a éparpillé la production, tout le monde a mis son grain de sel pour le construire. C'est un aboutissement pour tout le groupe. On compose chacun de notre côté, puis on essaye de coller tout ça ensemble. A la fin, cela doit partir dans une direction qui correspond à tous les membres du groupe, chacun à son mot à dire, même si on a chacun notre propre vibe.

Seeed c'est justement un mélange de toutes ces influences...
Oui mais on ne fait pas de tout pour autant. Quand tu fais de la musique, tu dois te situer dans un créneau pour que ce soit intéressant, et rester dans ta vibe.

Sur "Next", vous avez collaboré avec Saïan Supa Crew...
C'est un groupe que l'on aime beaucoup, c'est sûrement le meilleur groupe de rap en Europe. Si le Saïan chantait en anglais, ils seraient connu partout, et seraient des superstars. Sur scène, ils sont très forts, en studio aussi... (rires).

Quel est votre meilleur souvenir sur scène?
On a fait un festival en Allemagne, et il y avait une tempête, les poubelles volaient, les écrans géants ne tenaient plus, on a du annuler, puis finalement, cela c'est calmé, et on a quand même joué. Au Solidays à Paris, on a fait sauter le groupe électrogène au bout de dix minutes de scène parce que l'on avait trop mis de basses (rires), mais on a repris après quinze minutes d'arrêt. Des fois nous jouons devant 40000 personnes et des fois dans des toutes petites salles. La semaine dernière, on était à Madrid, il n'y avait que 1000 personnes, mais ils étaient tous comme des fous, c'était un super concert.

Quels sont vos projets?
On vient de sortir un DVD de notre tournée. On arrive à jouer de plus en plus en dehors de l'Allemagne, et c'est une très bonne chose.

Quel est votre message?
Nous sommes un groupe de onze personnes, on ne chante pas de trucs politiques. Nous sommes tous de Berlin, mais nos parents viennent d’un peu partout. Donc notre message, c'est le respect de chacun.

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