Tout d'abord, présente toi à ceux qui ne te connaissent pas…Je fais du son depuis 1992. J’ai fait mes premiers sound systems en Martinique, je viens de la Zac Massif, comme Matinda, Pleen Pyroman. C’est un peu un bastion pour les DJ locaux. Pleen Pyroman était un ami, je l’ai entendu chanter et j’ai vu les gens kiffer le son, cela m’a poussé à faire la même chose. Straïka, Capleton, m’ont beaucoup influencés. En 1995, Dieu m’a révélé son existence, c’est à ce moment que j’ai décidé d’orienter mes textes sur ce sujet, pour propager le message de l’Evangile. Car le jugement arrive, il faut changer sa conduite si l’on veut gagner le paradis. J’essaye d’avertir les gens, c’est ça ma mission. Je fais le son chez moi, je fais des mixtapes… je me débrouille. J’ai plus de 70 chansons, et il y en a peut être 50 qui tournent sur le net. Je veux que les gens écoutent, cela ne sert à rien de chanter pour laisser le son dans son ordinateur.
Tu as beaucoup tourné dans les sounds systems de Bordeaux aussi…Oui depuis 1998, j’ai beaucoup participé aux soirées sound system, mais maintenant je veux passer à autre chose. Je ne voulais pas me mettre en avant en montant sur scène, mais mettre en avant mon message. J’essaye de toucher un plus large public en diffusant mon son le plus possible par le biais de mixtapes ou d’Internet. Pour les pousser à la réflexion, la méditation et pour qu’ils ouvrent la bible. Je parle aussi de la guerre, l’amour, la nature, je veux toucher les gens. Chacun a sa propre vision et son propre vécu, mais tout le monde peut comprendre ce qui est bien et ce qui est mal.
Tu es dans le milieu depuis longtemps, comment vois-tu ton évolution musicale ?J’essaye d’être plus professionnel, avant je le prenais plus comme un loisir, ou un divertissement. Maintenant je veux que les choses soient carrées pour que les gens soient plus attentifs à ce que je fais. J’articule mieux et surtout je m’applique à faire passer de l’émotion dans mes textes. Pour convaincre le public, il faut de la conviction dans son interprétation. Il faut que le fond et la forme soient au top. J’essaye de faire des mix propre tout en donnant un impact fort dans ma voix. Par exemple, lorsque les conditions ne sont pas bonnes, le rendu sera aussi moins bon, les réglages, le micro ont leur importance aussi bien en studio que sur scène.
Parles nous de ta mixtape « Love inna heart »Je voulais faire un projet concret et le diffuser moi-même. J’ai choisi plusieurs de mes chansons qui étaient déjà enregistrées. Pour l’instant je développe une mixtape, d’autres suivront, elles sont toutes posées sur des riddims jamaicains. Quand je ferai mon album, j’utiliserai mes propres riddims.
Cet album est ton premier projet…Tout à fait, je n’ai pas pris le temps avant. J’aurais du faire ça depuis longtemps mais j’avais les études, le taf, le sport…
Déjà pour moi la photo de la pochette ressemble à l’idée que je me fais du paradis, même si je sais que se sera mieux. Le titre de la mixtape « Love inna heart », c’est pour dire qu’il faut plus d’amour dans ce monde. Sur le premier morceau je me présente et explique mon message. Je parle beaucoup de Dieu, car quand j’ai lu la Bible j’ai fait la corrélation entre ce qui est prédit et ce qui se passe autour de nous, et là, j’ai compris. Je ne peux pas me permettre de savoir ça et le garder pour moi. J’essaye d’éveiller les consciences. Il faut aimer son prochain et faire le bien autour de soi. Il y a un titre sur le peuple d’Israël, même si Dieu s’adresse a tout le monde, c’est le peuple originel. Je chante cette chanson avec Jomo de Bordeaux. Je parle aussi de l’Afrique, parce qu’elle a trop subi. On lui a pris toutes ces forces et maintenant il n’y a plus rien. Je parle aussi de la guerre, la vanité, la dictature. J’ai fait un titre boggle pour dire que quand tu bois ou fumes trop, ton corps le subi, et après il est difficile de faire du sport, réparer ces excès. Ne pas laisser son corps dominé son esprit. Il y a le morceau « Nah stop », c’est le seul qui est en anglais, c’était pour voir ce que cela pouvait donner. Le dernier titre c’est avec Youleiz, parce que j’aime ce qu’il fait, il annonce un message positif et structuré.
Qu’est ce que tu penses de la scène bordelaise?Les anciens ont fait un bon travail, il y avait plein de concerts et grâce à eux j’ai pu faire des scènes. Depuis deux ou trois ans, cela a un peu changé. Il n’y a plus de conscience dans le son, il y a trop de business. A Bordeaux, il n’y a pas vraiment de culture sound system. Beaucoup de sounds ne croient pas en Dieu et diffusent des mauvais messages, ils devraient faire attention aux tunes qu’ils jouent.
Quel est ton mot de la fin ?Les medias font l’apologie de la violence ce qui explique la dégradation de la société. Il y a un vrai problème, il faut arrêter de faire la promotion du mal. Les films, les émissions banalisent la violence, ils doivent être plus responsables.
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