Comment expliquez-vous votre succès ? Je pense que c'est grâce à l'amour que nous mettons dans notre musique et le fait qu'elle soit progressive. Nous essayons de faire quelque chose d'original et d'unique. On n’essaye pas de copier les autres, on développe notre propre son, car nous nous consacrons à Groundation.
Connaissez-vous le même succès aux Etats-Unis qu'en Europe ?Je pense que c'est à peu près pareil. Nous jouons beaucoup en Europe. Aux Etats-Unis, le pays est trop vaste pour que l'on puisse jouer partout, nous jouons donc principalement en Californie. Il y a encore plein d'endroits où nous ne sommes pas allés, il y a encore plein de gens à rencontrer, que ce soit ici ou aux Etats Unis. C'est en Californie et en France où on est le mieux, parce que l'on reçoit beaucoup d'amour. On pourrait jouer partout dans le monde, mais nous n'avons pas encore été écoutés, et développés ailleurs.
Vous avez joué dans de nombreux festivals, comment le public vous a accueilli ? Très bien, notre musique a été bien plébiscitée. Nous avons joué au Rototom l'année dernière, il pleuvait mais le public est quand même resté en se mettant à l'abri sous les arbres. Les festivals sont de très bonnes opportunités pour rencontrer les gens. On peut ressentir l'engouement du public pour Groundation, cela nous donne beaucoup d'énergie.
Quel est votre meilleur souvenir ? Le Summerjam était génial. On a joué après Black Uhuru, il y avait beaucoup d'ambiance. Mais tous les concerts sont des bons souvenirs, à chaque fois on ressent quelque chose de différent, il y a un échange avec le public. Les derniers concerts que l'on a fait à Paris, et le Reggae Sun Ska de l'année dernière étaient aussi de bons moments.
Justement, lors du Reggae Sun Ska de l'année dernière vous avez été filmés, et l'on parle de la sortie d'un DVD de ce concert, qu'en est il ? Je ne me rappelle pas avoir été filmé... (rires). C'est vrai, mais nous ne savons pas vraiment ce que Music'action veut en faire. On a plein d'autres projets maintenant, alors on verra avec le temps.
Comment avez vous rencontrer Music'action, et quelles sont vos relations ? Ce sont les premiers à avoir cru en nous, donc on continue de travailler avec eux. Lorsque l'on enregistrait le dernier album, ils nous ont proposé de travailler ensemble. Ils se sont dit : "Essayons de développer ce groupe hors de Californie !" et nous avons tenté l'expérience. On a fait notre première tournée en 2004. On a aussi réussi à se développer grâce à Internet, cela permet aux artistes underground de se faire connaitre.
Vous jouez du reggae, du jazz... est ce que vous êtes ouvert à d'autres genres ? Bien sur, on aime toutes les musiques... spécialement quand ça groove, la musique qui te fait danser et vibrer. Nous allons continuer notre route. Nos vies, nos expériences, nos influences évoluent, et notre musique aussi. On aime jouer du jazz, du rock, du hip hop, de la salsa, du reggae... Chaque membre de Groundation est unique et apporte son grain de sel.
Vous vous êtes rencontrés à l'école de jazz, pourquoi avez vous choisi de jouer du reggae ? J'écoutais beaucoup de reggae déjà. J'ai été influencé par beaucoup de personnes, mon père écoutait beaucoup de jazz. On a été à l’université pour la musique, pour apprendre le jazz. On jouait du jazz toute la journée en cours, mais mes influences restaient reggae. Le reggae exprime des messages conscients, cette musique te fait réfléchir sur la vie dans son ensemble. Lorsque l'on mélange ces deux musiques, on obtient quelque chose de progressif, libre et très ouvert.
Vous avez chanté avec Cedric Myton, Don Carlos, avec quels artistes aimeriez-vous chanter maintenant ? Il ne manque personne, on est déjà assez dans Groundation. Avant, nous n'avions qu’une choriste, maintenant nous en avons deux qui viennent de Kingston, elles ressentent mieux la vibe.
Quels sont vos projets ? Le nouvel album est prévu pour octobre, "Upon the bridge". On doit retourner en Californie pour travailler dessus. Pour l'instant on se consacre
exclusivement à ça.
Que pensez vous de la politique américaine ? La politique c'est étrange... nous vivons dans une époque intéressante, nous avons des défis à relevés. Les temps sont durs, le pouvoir, l'argent et l'avidité dominent nos vies. C'est encore plus vrai aux Etats-Unis. Certains ne prennent pas les bonnes décisions, car ils ne pensent qu'à l'argent ou à étendre leur pouvoir. Ce sera très dur pour les prochaines générations, ils n'ont vraiment pas de chance. Les Etats-Unis veulent dominer le monde et développer leur démocratie tel un exemple, ceci n'est que le résultat du capitalisme. Si le pouvoir était donné au peuple et non aux politiciens nous pourrions vivre en paix et en harmonie. La meilleure des choses pour y parvenir, c'est l'éducation. Nous devons nous servir de notre savoir pour prendre de bonnes décisions, plus ce savoir sera grand et meilleurs seront les décisions. Il y a certains fondamentaux à ne pas oublier, comme la compréhension, et aider son prochain. Il faut un niveau d'éducation plus élevé, mais le système scolaire nous forme pour travailler, entrer dans le buisiness. Il faut que les richesses soient mieux reparties, il ne faut plus de tiers monde, voila ce qui doit changera.
Merci à Music'Action pour la réalisation de l'interview.
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