Présentes toi…Pour aller vite, G Ben da milkman selecta.
Comment es tu venu au reggae dancehall ?J’ai commencé à écouter du reggae vers 1988, 1989, il y avait déjà un sound sur Bordeaux qui s’appelait « DJ Academy » avec Demba notamment. Ils avaient une émission de radio que j’écoutais tout le temps, j’étais fan. C’était l’époque de la compil rap attitude avec Tonton David, Daddy Yod et Sai Sai… J’écoutais pas mal de hip hop aussi à coté. A la base je toastais, mais je me sui jamais vraiment convaincu en tant que toaster… (Rires). J’ai commencé à acheter de plus en plus de sons, et en 1996 j’ai fait de la radio grâce à un man qui s’appelle Cook, il m’a introduit, il m’a formé et quand il est parti j’ai repris le créneau de l’émission. C’est à ce moment que j’ai commencé à selecter, on a monté Bladda sound avec Katan Killa qui maintenant est en Guyanne. Après je suis parti en Angleterre prendre la vibe, et quand je suis revenu à Bordeaux j’ai pas lâché le truc.
Quels sont les artistes qui t’ont principalement influencé ?Pour moi le maître c’est Bounty, pour tout ce qu’il a fait, pour ce qu’il est, pour tous les jeunes qu’il a formés… Après vu le nombre d’artistes qui sont bons je pourrais dire des banalités comme Capleton, Buju… Einstein aussi est très fort. Bounty, The Alliance, là en ce moment Sérani à fond… Shabba, mais j’écoute un peu tous les artistes.
Quels sont les sounds qui t’ont influencé ?Matterhorn et Firelinks, ce sont les deux selectas que je kiffe. Après il y a Black Cat aussi, et Massive B pour le jugglin’, Rodigan est un classique. Après niveau Européen, je dirais Guiding Star parce qu’ils investissent beaucoup dans leur sound et qu’ils vont pouvoir représenter la France à l’international, ils le méritent vraiment.
Comment essayes-tu de te démarquer des autres sounds ?C’est vrai que je fais un truc un peu bashment. Je surfe sur la hype, je joue ce qui passe en Jamaïque en ce moment. J’essaye de faire en sortes que les gens dansent, que les meufs wine, qu’ils passent un bon moment sans prise de tête et sans propagande quelconque.
Quel est ta dubplate qui t’as fait le plus plaisir ?Morgan Heritage, parce qu’ils avaient un micro pour deux, et à l’arrivée le son est parfait, c’est du higha level, cela montre leur professionnalisme.
Quels artistes aimerais-tu avoir en dubplates ?Bounty, Shabba… Mais tous les soundmans savent combien c’est cher de faire des dubplates… C’est encore plus dur quand tu es seul comme moi, il est préférable de faire parti d’une équipe.
Quels sont les nouveaux riddims que tu conseilles à tout le monde d’écouter ?En ce moment il y a beaucoup de trucs, comme « The mission » ou le « Shout out »… J’aime beaucoup le « Go go riddim ». Mais je pense que plus que les tunes eux-mêmes, c’est la façon dont tu vas les jouer et les introduire qui fait la différence.
Le tune du moment ?Un truc hyper hardcore, Bounty Killer en combinaison avec Einstein, le morceau s’appelle « Tell dem », un truc de psychopathe.
Quel est ton opinion sur la scène reggae dancehall a Bordeaux ?Il y a de plus en plus de petits sounds qui se forment, mais le problème c’est qu’ils ne jouent pas assez. Chaque sound doit trouver son public, et trouver son identité. Il y a des sounds qui « cut » mais qui ne jouent que deux fois dans l’année, moi je préfère jouer toute l’année et ne faire que deux dubplates. J’ai connu Bordeaux il y a dix ans ou tu pouvais faire des sounds avec 500 personnes. Le public c’est aussi tourné vers le dancehall ces dernières années, avec l’effet de mode Sean Paul, maintenant on sent que ça s’essouffle. Il ne reste que les passionnés.
Est-ce que tu joues en dehors de Bordeaux ?Non, pas vraiment parce que je suis fainéant et que je ne fais pas l’effort de m’exporter. Donc je joue principalement ici, et je selecte à la Bamboula tous les mercredi soirs de 22h à 2h.
Tu es parti en Jamaïque il y a six mois, quel souvenir en gardes-tu ?Yard il faut y aller pour le savoir. Tu prends une claque, tu vois l’importance de cette musique, et tu comprends mieux les lyrics. C’est difficilement explicable, il faut le vivre. Là-bas, c’est mad, même le plus petit bar à une énorme sono, c’est toute cette culture dancehall que l’on ne retrouve pas ici. Il y a beaucoup de gens qui se disent dancehall ici, mais être dancehall ce n’est pas télécharger des sons et squatter son canapé, c’est tu danses, tu fais la fête.
Tu as un projet de mixtape, tu peux nous en parler ?
Je vais surtout mixer les dernières séries jamaïcaines. Mais après je réfléchi autour d’un projet avec des locaux également… Mais c’est vrai que mon truc sa serait plus de faire du Yardie a ma sauce, avec des jingles, des dubplates…
Parle de ton lien avec les artistes locaux…
En fait, quand on fait des premières parties sous le nom de Swing Family, cela représente un collectif d’artistes… Je suis surtout en contact avec Hélium, son frère Tyson, après il y a aussi un gars qui s’appelle 16, et tout son crew Dark Dog dont j’apprécie énormément le travail, Mykilla et d’autres. Il y a des talents sur Bordeaux après c’est comme pour les sounds, il faut que chaque artiste trouve sa vibe, taff ses lyrics… Maylan aussi qui a vraiment évolué, il a su se libérer de certains carcans, il a une vrai plume, il faut qu’il continue.
Tu as d’autres projets ?
Je glisse doucement vers l’organisation, la programmation… on verra.
Quels messages veux tu faire passer aux massives ?
Supportez les sounds systems, sortez en danse, il faut recréer une dynamique de massive justement. Il ne faut pas que vous restiez scotchés à votre ordinateur parce que les sons sont faits pour être joués et écoutés en sound system.
Big up a Sunshine, Totoche, S.357, Hélium, 16, Mykilla, King Rula, Demba, Dom-in-action, tous les massives qui me supportent depuis… To di world!
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