INTERVIEW BETA SIMON
Que signifie le titre de ton album « Krayti payan guez » ?Que Dieu nous bénisse c’est du baysadé. C’est une langue que j’ai inventé qui est tirée du bété, car je suis bété de Côte d’Ivoire. J’ai changé quelques prononciations et quelques intonations. J’ai aussi inventé certains mots qui n’existaient pas en bété. Par exemple télévision ou téléphone sont des mots qui n’ont pas été traduits en Africain, on emploie donc les mots en français. Mais qu’est ce que c’est le téléphone, c’est écouter à distance, et « écouter à distance » ça existe en Africain, j’ai donc créé le mot téléphone. C’est en fait de la traduction étymologique.
La plupart de tes paroles sont tournées vers la spiritualité, quelles sont tes propres convictions religieuses ?Il y a un point commun entre toutes les religions c’est l’amour. Je ne peux pas m’identifier par rapport à une religion car elles sont devenues trop politisées. Je ne suis pas focalisé sur les religions, mais sur le comportement humain, la manière de vivre et de penser.
Tu prônes la paix et l’unité en Afrique, comment perçois tu la situation actuelle de la Côte d’Ivoire ?L’Afrique est un continent qui a été partagé. Il faut que l’Afrique arrive à s’émanciper de l’Occident, car nos présidents sont des représentants occidentaux, et pas ceux du peuple comme ils devraient l’être. Le problème c’est ça, l’utilisation des gisements et des ressources par les occidentaux. On nous impose une mondialisation sans diversités culturelles.
Est-ce que tu es retourné récemment en Côte d’Ivoire ?Oui j’y vais assez régulièrement. D’ailleurs, je dois y aller bientôt avec Tiken Jah Fakoly.
Comment vous êtes vous rencontrés ?On se connaît depuis longtemps, il est comme mon petit frère. On chantait déjà ensemble à l’époque et aujourd’hui c’est lui qui me produit.
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