Tu as commencé a chanter très tôt, petit déjà dans la paroisse de ton village, peux tu nous parler de tes début?En effet j’ai grandi à Tivoli qui se trouve dans la campagne de Balata sur l’île de la Martinique. Il y a une église très connue qui s’appelle l’église Montmartre, c'est la réplique de celle de Paris, où j’allais pratiquement tous les dimanches avec ma grand-mère pour chanter.
Donc tu as des influences assez gospel?Oui assez gospel et aussi religieuse, des musiques très engagées.
Tu as commencé ta carrière dans le début des années 90, mais pourtant ce n’est que maintenant que l’on entend vraiment parler de toi, comment expliques tu que ton succès soit aussi tardif?Le reggae n’est pas une course de vitesse, c’est vraiment le contre la montre où il faut prendre son temps, ce n’est pas le premier arrivé qui va gagner, c’est vraiment sur la longueur qu’il faut travailler. Les gens ne sont pas dupes ils ont envie d’avoir du vrai et pour leur donner ça il faut travailler, et le travail demande du temps. Entre temps on n’entend peut-être pas trop parler de moi mais je plante à gauche et à droite. Je fais pas mal de concert, environ soixante l’année dernière sur la France, l’Europe et même au Mali. C’est comme ça que je pense avoir acquis mon public, ce n’est pas en vendant des CD ou en ayant des clips a la télé. Le travail je l’ai vraiment fait sur le terrain et c’est beaucoup plus long.
Nous t’avons déjà vu sur scène à la guitare voie en première partie d’Israel Vibration, peux-tu nous en dire un peu plus sur cette expérience?En fait c’est un défi que l’on m'a lancé et qui est devenu par la même occasion un défi personnel, car je ne suis pas guitariste du tout. Il a donc fallu que j’apprenne la guitare en une semaine, après ça j’ai eu deux semaines de répétition et je me suis lancé. Ca c’est plutôt bien passé, le public a été réceptif et le collectif d’Israel était satisfait puisque nous sommes toujours en contact.
Peux tu nous en dire plus sur ton passage en Jamaïque?En Jamaïque j’ai fait un passage pour mon premier album « hileaf » qui est en fait plus un album de famille qu’un opus personnel. Ca c’est bien passé malgré le manque d’expérience de ma part pour pouvoir recevoir le travail de là bas, je n’étais pas encore près. Par contre à l’heure d’aujourd’hui si je repartais, je pourrais faire beaucoup plus de choses et beaucoup plus, surtout plus vite. Là bas il y a la pression, les mecs sont derrière toi au studio à te demander quand tu termines, on ne les appelle pas les Yardies pour rien. Mais ça restera bien sur une très bonne expérience.
Comment s’est passée ta collaboration avec les Djinns?Super d’ailleurs, je pense que l’on va refaire des morceaux ensemble, car en fait à l’époque on avait fait pas mal de morceau qui n’avaient pas aboutis, lors de la sélection pour l’album "H.I.M." que l’on va reprendre pour le prochain. Comme ça il y aura encore de la couleur de "H.I.M.", parce qu’en fait le prochaine album que je prépare est vraiment éclectique, ouvert. C’est reggae mais il y a aussi mes influences du début qui sont hip hop, le tout prévu pour cette année.
Tes lyrics délivrent un message spirituel de paix et d’amour, alors que la majeure partie des artistes reggae dancehall français accordent plus d’importance à leur flow et leur style plutôt qu’à leurs lyrics, penses tu que cela permet de te démarquer ?Je pense que c’est moi tout simplement, je ne vais pas essayer de faire le bad boy alors que je n’en suis pas un, j’essais juste de représenter ce que je suis sur la scène.
Peux tu nous parler de la congrégation "Gnawa congo"?C’est une congrégation qui se trouve à Fort de France. C’est une bonne chose pour le pays, cela permet de canaliser l’agressivité de certains jeunes et de leur donner une direction. C’est un lieu où l’on parle de Jah, du respect, ce sont des choses positives pour eux. C’est comme une maison d’accueil mais qui délivre le message rasta.
Sur Internet tu apparais sur des sites comme MCM ou Fun Radio autant que sur des sites spécialisé dans le reggae, comment tu expliques cela ?C’est une musique qui reste quand même très communautaire. C’est pour ça qu’il faut la faire connaître à tout le monde par le biais de site plus généraliste.
Sur ton MySpace il y a une vidéo de toi au Mali, comment as tu vécu cette expérience ?Franchement j’ai fait des concerts partout mais le Mali c’était vraiment différent, le public reggae est vraiment en Afrique. C’est la musique qui va avec ce continent. Je n’avais jamais eu à faire à public comme ça, c’est vraiment un plaisir de jouer pour eux.
Ces derniers temps on t’entend beaucoup sur les dernières série françaises tel que le Poutchi, le Purple Ting ou le Black Marianne, est ce que se sont eux qui sont venus te démarcher?C’est eux qui sont venus, mais en même temps j’en avais besoin pour montrer que je suis encore présent avant la sortie de l’album.
Quel est ton message a faire passer a tous les massives ?Kiffez la vie, prenez votre pied, car elle mérite d’être vécue !!
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