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Jeudi 21 août 2008
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les actualites

INTERVIEW ABDOU DAY

Peux-tu nous expliquer ce qu’est le reggasy ?
C’est du reggae malgache, « gas » ce sont les habitants de Madagascar. C’est du reggae original, qui s’inspire notamment de rythmes malgaches. Et aussi d’applaudissements typiques (il tape rapidement dans ses mains). On peut dire que c’est de la musique roots.

D’ailleurs parle-nous du reggae à Madagascar…
Moi j’ai découvert le reggae depuis les années 70 à Madagascar. A l’époque de Bob Marley et Jimmy Cliff. Je suis originaire de Diego, une veille portuaire, où les navigateurs avaient l’habitude de nous rapporter de la musique. On nous amenait toute sorte de musique mais j’ai vite compris que le reggae me collait à la peau.

Te considères-tu avant tout comme un africain, quand on sait que Madagascar est un pays très métissé ?
Les gens de Madagascar sont des noirs, ce sont donc des Africains. L’île fait d’ailleurs partie du continent africain. Au départ il est vrai qu’il y avait les « vrais » malgaches qu’on appelle les Vazimba. Ce sont des pygmées de couleur, un peu comme dans l’histoire de l’Afrique du sud. Ensuite sont venues les malgaches de Malaisie. Moi je suis du nord-ouest de l’île. Même s’il y a dix huit ethnies tout le monde vit bien ensemble.

Où trouves-tu tes influences, dans les rythmes africains ou la musique jamaïcaine ?
Avant tout dans le reggae jamaïcain. Mon père m’a fait découvrir le reggae, il l’époque il écoutait du Bob Marley et Peter Tosh. J’ai tout de suite accroché au roots de la Jamaïque. Même si les jeunes d’aujourd’hui connaissent Alpha Blondy ou Tiken Jah, il ne faut pas oublier d’où vient le reggae. Ni d’ailleurs que le reggae s’inspire de rythmes africains. Après ce reggae je le mets à ma sauce malgache.

Est-ce que l’autoproduction est pour toi une nécessité ?
Cela vient d’une envie de survivre et d’exister. En France et en Europe on trouve des bons artistes partout. Mais ils n’ont pas tous l’opportunité de tomber sur une maison de production. Un producteur qui a le coup de foudre c’est vraiment très rare. Je n’avais pas envie d’attendre d’avoir des cheveux blancs pour sortir un album. Par exemple avec mon premier 4 titre « Mais pourquoi » j’ai pu exister. Grâce à cela les gens de Madagascar m’ont écouté et apprécier, cela m’a donné de la force pour continuer. J’ai enchaîné avec « Mr Babylone », où Tyrone Downie m’a aidé, cela a pris de l’ampleur. « Libre » a été produit dans un vrai studio, avec des professionnels du son. Plus de 10000 albums ont été vendus.

Et un nouvel album devrait voir le jour …
Tout à fait, cela fait d’ailleurs deux mois qu’il doit sortir. Mais je suis un perfectionniste et je le peaufine encore. Les morceaux ont été enregistrés il y a plus d’un an, il reste le mix à faire. Il sera encore en auto-distribution. Je n’ai pas de manager donc je dois tout gérer tout seul. C’est parfois difficile mais cela me permet de garder ma liberté. Je peux choisir mes dates de concerts par exemple. Il y a d’ailleurs des maisons de disque qui veulent me signer, mais je préfère continuer en autoproduction. Ainsi je peux faire ma propre distribution et aussi faire profiter mes fans en leur donnant des disques. Mais la porte reste ouverte si une maison de disque me propose un bon projet.

Sur ce prochain album tu annonces des featurings avec des jamaïcains de renom, tu peux nous en dire plus ?
J’ai effectivement eu la chance de rencontré des artistes de Jamaïque. Ce sont des gens très ouverts qui arrivent toujours à renouveler la musique. Ils ont écouté ce que j’ai fait et cela leurs a plu. J’ai ainsi rencontré Earl Chinna Smith qui m’a proposé de venir habiter chez lui sans compensation financière. Il m’a surpris en ramenant chez lui des personnes comme Dean Fraser ou Kiddus I une légende du rockers. Ils ont ainsi participé à mon album. Mon ami Tyrone Downie a travaillé dessus.

Peux-tu me parler de tes projets ?
Je reste quelqu’un d’indépendant, mais j’enchaîne quand même les dates de concert. On vient de nous proposer d’aller jouer en Lituanie. On va aussi faire l’océan indien, dont Mayotte, la Réunion et bien sûr Madagascar. Plus des festivals cet été en France. Mais je préfère quand même les petits concerts où je peux être plus proche des gens.

Sur le web :
abdouday.ifrance.com
www.myspace.com/abdouday

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